CÉCIRUGBY : À TOULOUSE, LE BALLON OVALE EST AUSSI POUR LES MALVOYANTS

Une nouvelle discipline inclusive vient de naître en Occitanie, le cécirugby. Unique au monde, elle permet aux personnes déficientes visuelles de jouer au rugby, avec un ballon spécial et des règles adaptées. Les valides peuvent aussi y jouer, avec un masque. Après trois ans de travail le cécirugby va être testé cette saison, avant d’être mis en place dans plusieurs clubs occitans.

Par Julie Rimbert, dans Le Parisien, 10 septembre 2022

En ovalie, même les personnes malvoyantes peuvent jouer au rugby ! À un an de la Coupe du monde de rugby 2023 en France, c’est une nouvelle pratique sportive qui a été lancée ce jeudi à Toulouse (Haute-Garonne) : le cécirugby, qui permet aux personnes atteintes de déficience visuelle de toucher au ballon ovale.
Cette première mondiale a été lancée par le conseil départemental de Haute-Garonne, la Ligue Occitanie de Rugby, le Comité départemental de rugby 31, la Fédération française de rugby (FFR) et l’Institut des jeunes aveugles Midi-Pyrénées, qui planchaient sur ce projet durant trois ans.

Pas de jeu au sol, un ballon sonore (un capitaine aussi)


« Le sport doit être vecteur d’insertion, de lien social et d’inclusion, c’est pourquoi nous avons voulu donner la possibilité aux personnes malvoyantes de pratiquer ce nouveau sport, avec un ballon spécial et des règles adaptées, souligne Line Malric, vice-présidente chargée du sport-santé au département. Les valides peuvent aussi le pratiquer, en portant un masque. Le cécirugby va être testé cette année et, l’an prochain, dans différents clubs, afin de le pérenniser les années suivantes. »
Sur le terrain, les joueurs et joueuses ne pratiquent pas de jeu au sol, les passes se font de la main à la main grâce à un ballon émettant un son, afin de se repérer dans l’espace. Le capitaine de chaque équipe, qui ne porte pas de masque, guide ses joueurs à la voix.
« L’arbitre peut régler, grâce à un logiciel sur son téléphone, l’intensité du son du ballon et on se rend compte qu’avec le bruit autour du terrain, il faudra aller plus dans les aigus, constate Philippe Laurent, conseiller technique à la FFR. Pour les personnes malvoyantes, c’est un signe de considération que d’arriver à jouer ce sport collectif de combat et, pour les valides, cela change leur regard sur le handicap. »

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